J+243 La glisse des sables !
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J+243 La glisse des sables !

Défi n°185 : Tester la « luge » des sables sur la fameuse dune rouge !

 

La chance nous a quitté, paix à son âme. Elle a pris ses petites bagages en se disant « j’en ai marre de ces deux là, ce sont des cas désespérés ». Sur l’échelle des petites galères, nous sommes passés maîtres en la matière. Et ce nouveau grade, cette nouvelle distinction, nous l’avons reçu aujourd’hui telle la cerise sur le gâteau, venant compléter les innombrables retards de bus, les oublis, le vol de sac, l’attaque d’écureuil, la dent cassée, le lâchage de l’électronique et les arnaques en tout genre. Aujourd’hui, nous allons vous raconter comment nous en sommes arrivés à donner 75€ à un faux flic, et à niquer une journée au garage. Pour ceux qui seraient uniquement intéressés par cette histoire de luge des sables (qui est loin d’être intéressante soit dit au passage), vous pouvez d’ores et déjà sauter minimum 4 paragraphes. Ça va être long. Je vais bien vous détailler l’affaire, histoire que personne d’autre ne tombe dans le panneau et surtout parce que le coup de gueule est mérité. Ce n’est pas qu’on aime faire les cobayes et pousser des gueulantes mais vaut mieux écrire que brûler un faux commissariat après tout ;).

 

Vous allez comprendre qu’il y avait 300 façons de ne pas se retrouver au mauvais moment au mauvais endroit, mais tout est toujours une histoire de circonstances, et là dessus, il faut se le dire, nous sommes un peu mauvais. Déjà, il faut savoir qu’à Mui né, il y a 3 « attractions » principales en dehors de la plage ; la dune blanche, la dune rouge et le fairy stream (le canyon). Nous sommes actuellement dans un hôtel où seule la fille de la maison parle anglais et nous l’avons donc eu au téléphone lorsque nous avions loué les scooters la veille. Elle en avait profité pour nous conseiller sur les choses à faire dans le coin, et il me semblait qu’elle m’avait parlé d’une luge des sables possible uniquement à la dune blanche (on apprendra après que je l’avais mal comprise). Ce matin donc, nous pensions commencer notre itinéraire de ces 3 attractions par la plus éloignée; la dune blanche. Voyant qu’elle se situe à 30km de notre chez nous, et que le trajet doit se faire en scooter, nous commencions à hésiter, mais puisqu’il n’était que 9h30 et que nous avions le temps, autant tout faire.

 

Nous voilà sur le scooter et, avec le vent de la côte, nos casques vraiment pourris ne cessent de vouloir se faire la mal. Ça commence à agacer Loick qui, à force d’essayer de le tenir, finit par l’enlever. 2 minutes plus tard, sur une grande double voie, nous apercevons un camion de police. C’est trop tard. Avant que nous ayons pu capter, la moto de police est déjà à notre niveau en train de nous siffler. Nous nous retrouvons donc devant cet attroupement de 6 policiers aux uniformes dépareillés, qui nous convoquent sur une chaise et une table en plastique enfoncées dans le sable. Il commence à nous parler du casque. Bien au courant que nous sommes en tort, nous lui expliquons qu’ils ne tiennent pas avec le vent et que nous sommes désolés. Il demande à voir le permis de Loick et nous informe que la vitesse était limitée à 40km/h et que nous étions à 60 (Oulala les fifous qui roulent à 60km/h en ligne droite en se faisant doubler de tous les cotés par les locaux). Il commence à nous sortir une pochette plastique avec un texte imprimé sur word et des photos nous prouvant qu’il faut avoir un permis international, que la limitation est à 40 dans les villages et que le non-port du casque constitue également un délit. Sur son carnet, sans tampon officiel, sans date, sans signature, sans preuve d’un décret officiel, il nous fait les calculs :

  • 500 000 dongs pour l’oubli du casque (18,1€)
  • 1 000 000 dongs pour le mauvais permis (36,2€)
  • 2 500 000 dongs pour l’excès de vitesse à plus de 20km/h (90,7€)

 

« Ça fera 4 millions, vous réglez comment? ». Pendant ce temps, plusieurs voitures passent à vive allure, doublées par des scooters avec 6 personnes dessus (dont des bout de chou sans casque), mais ça, on laisse passer bien évidemment. A côté de ça, voilà deux françaises qui se font arrêtées. Le port du casque, pas d’excès de vitesse, elle réussissent à négocier 400 000 dongs pour le permis « non international ». On commence à essayer de négocier avec notre policier à nous, en lui expliquant qu’il n y avait pas de panneau de limitation et que nous n’avons qu’un petit budget. Et là en grand homme qu’il est, de cette tête bien louche, sort un « je vais vous aider ». Il nous proposait 2 millions au lieu des 4 si nous n’allions pas au commissariat et que nous lui donnions directement les sous. Sachant que nous étions en tort et ne souhaitant pas payer 4 millions (145,11€), nous acceptons sa proposition. Le souci? Pas de sous sur nous. Ce n’est pas un souci pour eux, ils demandent à leur pote en civil, de nous escorter en moto jusqu’au distributeur. A mi-chemin, il nous arrête au commissariat et refuse que nous y allions tous les deux sur notre scooter, il prend donc Loick à l’arrière et me demande de rester là. Cet endroit n’avait pas vraiment l’air de quelque chose d’officiel, plutôt une maison où gambadait les poules comme d’habitude et où un monsieur en pyjama (véridic) est venu exiger que je m’assois (comme si j’étais une criminelle).

 

De retour avec les sous au « poste de contrôle », nous avons pu voir sur le chemin qu’il n’y avait pas de panneaux indicatifs, seulement une « sortie de village » située juste avant leur brigade. Nous commençons donc à re-négocier le prix en affirmant qu’il n y avait pas d’excès de vitesse, mais il hausse le ton, nous dégaine un google traduction du futur qui nous ressort ses phrases en français. Nous avons bien essayé de demander moins cher mais, à chaque tentative, il sortait un cahier de type récépissé en nous menaçant de mettre les 4 millions. Finalement pour 2 millions (72,55€), il ne prenait pas nos noms, nous donnait pas de papiers officiels et nous laissait repartir avec le scooter. Une fois l’argent donné à ce monsieur corrompu, bien énervés, je leur ai crié dessus de haine en repartant, et Loick a jugé bon de taper sur quelque chose dans cet élan d’injustice. Mauvaise idée. Ce coup de poing a tout bonnement cassé la vitre du compteur et l’aiguille pour la vitesse. Contraints de nous arrêter pour tenter de recoller les morceaux, forcés de constater que c’était peine perdue. Nous sommes rentrés à l’hôtel pour leur dire que la vitre s’était brisée, mais il était déjà 12h30 et leur garagiste était fermé.

 

Après être allés manger, de retour à l’hôtel en début d’après midi, je pars avec la fille de l’hôtel pour aller réparer le scooter. Premier garagiste, il n’avait pas la pièce. Le deuxième non plus. Nous étions donc contraintes d’aller dans la ville la plus proche à 30km d’ici. Sur le chemin et arrivées au garagiste, je lui fait part de notre mésaventure. Et qu’est ce que j’apprends? Ce n’était pas des vrais policiers, tout simplement. C’est un petit groupe de corrompus qui se sont autoproclamés policiers et qui avaient été chassés il y a quelques années mais qui sont revenus faire ce qu’ils font de mieux ; se faire de la thune sur le dos des touristes. Dans tout le Vietnam, Mui né est le seul endroit où ce groupe sévit et ça désespère carrément notre fille de l’hôtel. C’est quelque chose d’assez connu, seulement Mui né n’étant pas une destination que nous devions faire initialement, nous ne nous nous étions pas bien renseignés. Et forcément, elle m’a dit qu’elle avait fait exprès de ne pas nous parler de la dune blanche hier au téléphone car elle savait qu’ils se mettent toujours sur ce chemin. Mais, l’ayant mal comprise au téléphone, le message n’était pas passé. Et pourtant elle s’efforce de dénoncer ces agissements et a même été approchée par plusieurs journalistes pour coincer ces malfrats et apporter la preuve de cette corruption. L’un des journalistes était prêt à lui envoyer une petite caméra et un micro à mettre sur l’un des touristes pour prouver ces agissements. J’en viens justement à un passage que j’ai manqué de vous raconter. Une fois le mec payé, nous avons remarqué qu’il continuait de nous suivre en scooter. Il nous a arrêté une seconde fois en nous disant qu’il était interdit de prendre des photos ou de filmer et nous avons du lui montrer le téléphone pour qu’il s’assure que nous n’avions rien enregistré (pas fous les gars!). Plusieurs des backpackeurs qui viennent dans cet hôtel louent un scooter ou ont acheté une moto pour traverser le pays, et plusieurs solutions existent ; les éviter (ils se mettent toujours sur ce même chemin entre 9h et 11h et de 14h et 17h plus ou moins), leur demander leurs badges, les filmer (du coup ils ont trouvé plus ou moins la parade), accepter d’aller au commissariat et exiger le reçu pour leur dire que vous allez porter plainte, dire que vous n’avez pas de quoi payer sur vous (normalement ils vous proposeront d’aller au distributeur), demander à appeler l’ambassade ou à voir leur supérieur, mais, ne JAMAIS leur donner les sous même s’ils ont toutes les techniques du monde pour vous faire peur.

 

Bref, nous nous sommes fait arnaquer, et j’ai passé mon après midi au garage où nous avons pu réparer la vitre pour 5€. Je sais ce que vous allez nous dire, effectivement ce n’est que « matériel », mais mettre 75€ en l’air (même si nous étions en tort sur l’histoire du casque, j’avoue) c’est quand même une sacrée somme, surtout en Asie. Au final, ça nous a bien démotivé et démoralisé surtout après vérification de notre budget pour le reste du voyage qui s’annonce assez serré… Toujours est-il que nous ne voulions pas que cette journée soit totalement foutue, donc nous nous sommes motivés à rejoindre la dune de sable rouge en toute fin d’après midi.

 

Sur place, pas mal de monde, pas mal de déchets, et un temps qui se gâte (décidément). En escaladant les dunes, nous avons pu comprendre que l’environnement est tout de même très joli et qu’il y a un réel potentiel. En voyant des enfants, des parents, et des groupes d’amis en train de faire des descentes sur le sable, nous avons décidé d’y participer aussi. Malheureusement, Loick n’avait pas son téléphone, nous n’avions pas non plus la go pro, donc je n’aurais pas de clichés de nous sur « les pistes ». Ce sont les locaux qui proposent cette activité en mettant à disposition une sorte de luge toute fine avec deux poignées, qu’ils savonnent avant de la poser sur la descente ! Parfois on reste totalement bloqués par le sable, mais on réussissait tout de même à prendre un peu de vitesse et à faire quelques belles descentes. Pour 20 000 dongs c’était assez sympathique même si ça ne nous aura pas fait avaler la pilule. 100€ la journée, c’est cadeau!

 

 

 

 

Prochaine destination : Ho Chi Minh, des idées?

 

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03 Comments

  1. Christèle

    Effectivement ça a de quoi agacer cette mésaventure…
    ☹️

    27 avril 2018 Répondre
  2. Christèle

    Tu n’as qu’à écrire un livre avec toutes vos péripéties à votre retour . Tu as la trame avec le blog, et avec le style employé ça va faire un carton….

    28 avril 2018 Répondre
    • Orane_Lbt

      C’est clair tata, ça peut être une idée ;).
      De toute façon, on finira par en rigoler (c’est déjà un peu le cas) !

      28 avril 2018 Répondre

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