J+233 Être invités pour le dessert!
Asie du Sud Est Défi Laos Muang Khua

J+233 Être invités pour le dessert!

Défi n°176 : Être invités pour le dessert :).

 

Ce matin, nous avions prévu de rejoindre la ville « frontière » de Muang Khua au Laos, l’endroit d’où partent les bus pour Dien Bien Phu au Vietnam. Pour se faire, il fallait d’abord réserver un bateau pour cette destination (Muang Ngoy n’étant accessible qu’en bateau, pas de routes pour rejoindre les villes environnantes). Une première vraie difficulté car durant nos deux jours à Muang Ngoy, personne n’est posté à la réservation des bateaux auquel nous nous présentons plusieurs fois par jour. Nous avions donc prévu d’attendre toute la journée sur le port et d’espérer la venue du fameux bateau pour Muang Khua. Ajoutons à cela les rumeurs de la construction du barrage qui empêcherait la traversée. Un trajet qui ne se présentait pas sous son meilleur jour.

 

Au petit matin après une courte nuit sous l’orage (3 jours de déluge, ça commence à faire beaucoup) nous nous présentons une énième fois à l’ « office » de réservation des billets, et Ô miracle, ne serait-ce pas un monsieur muni de sa mallette et de ses billets que nous voyons là? Effectivement, ce n’était pas un mirage mais une bonne surprise qui tombait à pic et qui fut compléter par la possibilité de partir pour Muang Khua à midi pour 12€ par personne. Les rumeurs du barrage sont belles et bien fondées, l’homme nous explique qu’il faudra simplement changer de bateau après le barrage. A chaque problème, sa solution. Nous partons petit déjeuner totalement soulagés de savoir que nous allons pouvoir nous rendre dans cette ville pour passer au Vietnam (Ce n’était pas gagné, nous commencions à prévoir des plans B, C et D au cas où)!

 

En fin de matinée, nous voilà posés sur les marches de l’embarcadère à profiter des rayons de soleil et à observer les petits locaux dans leur quotidien. Un garçon un peu plus vieux que les autres (8ans pas plus) en train de laver son linge dans la rivière (On ne peut pas faire plus autonome), et les autres enfants (entre 5 et 7 ans) en train de jouer dans l’eau et de se lancer dans une compétition de natation sur bambou (une discipline qui mériterait sa place au JO). Il est 12h15 quand notre bateau accoste et que nous rejoignons plusieurs passagers déjà installés sur les bancs un peu sommaires. Nous n’aurions pas parié que ce trajet en bateau serait l’objet d’une aventure à part entière.

 

 

 

Au delà des paysages vraiment magnifiques (on se lasse pas de prendre le bateau au Laos), et la tranquillité d’une balade au soleil, il faut dire que le confort du bateau est un peu amputé par toutes ces bagages et par le fait d’être un peu serrés. Ce bateau est naturellement conduit par un laotien bien loin d’être majeur, et qui pourtant gère les destinations de chacun comme un chef, et amarre tant bien que mal l’embarcation en finissant toujours les pieds dans l’eau. Pour repartir, il s’aide de la rive pour pousser le bateau et remonte naturellement par le toit pour récupérer son poste de commandant de bord. Une fois de plus, nous avons déposés et récupérés des gens sur des rives toujours plus improbables, à des endroits où il n’est logiquement pas possible d’accéder. ça c’était pour la première partie de l’aventure en bateau qui s’est effectivement arrêtée au pied du barrage.

 

 

 

J’en profite pour dénoncer une injustice sans pareille qui me donnerait bien envie d’exploser ce barrage. Il y a quelques années au Laos, et pas si longtemps que ça, il était possible de traverser le pays en bateau sur les différentes rivières. Ça reste le moyen de transport privilégié, d’autant que plusieurs villages ne sont accessibles qu’en bateau (Muang Ngoy par exemple), et nous avions déjà remarqué sur notre trajet en bus pour aller à Nong Khiaw, qu’il n’était plus possible de le faire en bateau à cause d’un gros barrage chinois. Et oui, ce n’est pas à l’initiative du Laos, mais c’est belle et bien des installations chinoises qui viennent détruire la nature, le mode de vie et l’économie d’un pays qui n’est pas le leur. Vous me direz valait peut être mieux un barrage qu’une centrale nucléaire pour produire de l’énergie? Pourquoi pas. Seulement le problème n’est pas là. L’électricité produite ne sert même pas à alimenter les villages aux alentours. Cette information a été confirmée par un homme de notre bateau qui parlait bien anglais et qui travaille depuis 8 ans dans les petits villages laotiens, désormais proches du barrage et qui n’ont toujours pas accès à l’électricité. Après je ne suis pas au courant, du pourquoi du comment, le Laos a accepté ces constructions chinoises et quel est leur profit dans l’histoire. Toujours est-il que c’est une honte de détruire un pays qui n’est pas le sien sans en faire bénéficier ceux qui sont dans le besoin et qui vivent juste à côté. Ca s’est dit. Revenons en à notre trajet en bateau.

 

 

Une fois déposés sur le bord de la route près du barrage, nous étions en train de nous questionner sur la marche à suivre étant donné que personne n’avait l’air de partir à pied. Je suis allée demandée à ce fameux monsieur qui parlait très bien anglais et Lao et qui a pu nous confirmer qu’un tuktuk aller passer nous chercher pour nous emmener de l’autre côté du barrage. Grâce à sa maitrise de la langue, nous avons pu économiser un tuktuk et nous avons rapidement embarqué de l’autre côté de la rive.

 

 

Dans ce nouveau bateau, étonnés que personne ne prenne les sièges confortables (des sièges de voitures récupérés et fixés dans le bateau), nous avons rapidement compris la raison au démarrage de l’embarcation. Ces places sont proches du moteur qui fait un bruit monstre. Ce sera la première fois que nous utilisons nos boules quies, et pour ne pas devenir sourd, c’était la seule solution. Ça nous aura permis pendant les 4h restantes, d’apprendre à communiquer par les signes ou du moins par les mimes, ce qui était plutôt marrant. Histoire que vous sachiez ce que nous avons enduré, je me permet de vous glisser une petite vidéo avec le son. C’est pour moi, c’est cadeau.

 

 

 

 

Ce trajet aura été l’objet de moult péripéties, d’une poule embarquée à bord dans un sac à patate et qui menaçait de nous pincer les doigts de pieds, de poissons récupérés chez un pêcheur sur le lac et entreposés naturellement au milieu du bateau, et de la tentative de sauvetage de l’énorme poisson de notre chauffeur de bateau. Ajoutons à cela une technique bien particulière pour que les bébés fassent leurs besoins, celle de baisser le pantalon, de tenir l’enfant par dessus bord et de siffler pour qu’il fasse pipi. (Pas de couches ici? Probablement pas.) Nous avons également attendu une bonne demi heure près d’un village que les habitants finissent de boire un coup pour embarquer (14 avril quand tu nous tiens!). Notre anglais/lao nous a même dit que si les habitants tardaient à arriver nous irions les rejoindre pour faire la fête et les inciter à monter dans le bateau (pas persuadés que la technique allait fonctionner ;)). Et finalement, une fois tout le monde à bord, en s’éloignant de la côte, les parents (très certainement) ont tout bonnement cherché à lancer des sous à leurs petites filles restées à quai (toujours pas plus de 8ans). Une opération vouée à l’échec et qui a forcé la petite fille, vêtue de son pyjama, à aller chercher le billet dans l’eau. Des péripéties bien spécifiques au Laos et qui nous ont fait vraiment sourire car cela venait confirmer nos impressions.

 

 

Une fois à quai, nous avons rejoint la ville de Muang Khua à la recherche d’informations pour le bus de demain que nous n’avons malheureusement pas trouvé. A la place, nous avons pu trouver un logement (c’est déjà ça), une guesthouse près du pont avec la chambre double pour 8€. Nous avions failli faire demi-tour en voyant que la gérante ne voulait pas faire un geste concernant notre négociation. Elle semblait vraiment froide et très peu concernée. Finalement, après avoir été au restaurant pour manger un morceau, à notre retour, elle et son mari était autour d’une table à discuter. En rentrant dans l’hôtel, elle nous fait signe de se joindre à eux, avec un grand sourire. Nous acceptons volontiers et nous voilà servis d’un verre de thé, accompagné de fruits et de graines de tournesol. Un petit moment dessert/digestion où nous avons pu gouter leur thé (très bon) et un fruit encore inconnu pour nous, qui à la taille te la forme d’une figue mais la texture d’un radis noir. Le goût? Le parfait mélange entre la pomme et la noix de coco. Paraît-il que ça pousse dans la terre mais nous n’avons pas retenu le nom… Un peu gênés devant leur générosité et leur sens de l’accueil, nous lançons la conversation avant de comprendre qu’ils ne parlent vraiment pas anglais. Ce que nous avions pu prendre pour du mépris tout à l’heure n’était en fait qu’un manque de compréhension de la langue. Munis de leur petit dictionnaire anglais/lao, nous avons pu échanger avec eux, comprendre qu’ils avaient deux enfants, qu’ils étaient nés ici, qu’ils tenaient l’hôtel depuis quelques mois etc.. Leur fille a également deux enfants mais elle vit davantage dans les montagnes et leur fils était déjà couché à cause de toutes ces festivités. D’ailleurs, une fois n’est pas coutume, le père nous a servi des shots de « Lao Lao » pour trinquer avec lui. C’est désormais le ventre plein et heureux d’avoir passé un moment avec eux que nous sommes allés nous coucher.

 

 

 

Prochaine destination ; Dien Bien Phu, des idées?

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02 Comments

  1. Christèle

    J’aime bien ton coup de gueule vis à vis du barrage chinois 👍

    19 avril 2018 Répondre
    • Orane_Lbt

      Haha ça venait du cœur, c’est mon côté « justicière » qui ressort ;).

      19 avril 2018 Répondre

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