J+192 Mettre du Thanaka avec des locaux !
Asie du Sud Est Birmanie Défi Kalaw-Inle

J+192 Mettre du Thanaka avec des locaux !

TREK KALAW – LAC INLE / JOUR 2

 

Défi n°149 proposée par Audrey Gab :  » Faire une photo avec des locaux en ayant du Thanaka sur le visage »

 

Après un lever aux aurores à 6h30 sous une petite brume matinale, nous avons goûté leurs crêpes à la banane (comme quoi même sans frigo, sans cuisine équipée, au fin fond de la campagne, on peut toujours faire des crêpes) avant de faire les sacs et de se préparer pour ce deuxième jour de trek. En partant, nous avons emprunté un petit boitier de Thanaka et notre guide a peinturluré le visage de quelques volontaires. Pour que ça vous semble moins abstrait, le Thanaka c’est une sorte de pâte liquide de couleur jaune/blanche que les birman(e)s utilisent pour se couvrir le visage et parfois les épaules. Elle est produite à partir d’un arbre et c’est en frottant les petits rondins avec de l’eau sur une pierre que l’on obtient la pâte qui peut ensuite être transformée en poudre (en ajoutant parfois du parfum). C’est surtout les femmes et les enfants qui en mettent, car en ville, un homme qui porte du Thanaka est un peu considéré comme un lady-boy. Ils en mettent surtout pour se protéger du soleil car cela protègerait les brulures, mais ça aiderait également à avoir la peau douce, à enlever les boutons, etc… Vous vous doutez bien après ses explications que j’étais totalement volontaire pour l’expérience, contente de participer à une coutume locale, en revanche ce n’était pas la tasse de thé de Loick de se mettre une crème sur le visage. En discutant sur le chemin, les guides nous ont dit que ça avait également une dimension esthétique car une femme avec les jambes couvertes et avec cette poudre sur le visage sera d’autant plus attirante, surtout que ça rends la peau plus blanche et que ça empêche de bronzer. Nous les avons étonné en leur faisant comprendre que chez nous c’est souvent l’inverse, on cherche justement à être bronzés et à avoir la peau plus foncée ! Outre le « on veut toujours ce qu’on a pas », Pedro nous a amené une explication intéressante. Dans le temps, nous cherchions à être le plus blanc possible car ceux qui avaient la peau bronzée étaient ceux qui travaillaient dans les champs, par conséquent, être blanc était un signe de richesse car les personnes avait suffisamment d’argent pour ne pas travailler et rester chez eux. Aujourd’hui, maintenant que quasiment tout le monde travaille dans des bureaux, c’est un peu le contraire, ceux qui ont la peau bronzée ce sont ceux qui ont suffisamment d’argent pour partir en vacances. Toujours est-il qu’on a essayé le Thanaka et qu’effectivement sur nos visages tout blancs, ce n’était pas extrêmement visible.

 

Une fois en route, nous avons traversé des collines très dégagées où on retrouvait une terre totalement rouge et très poussiéreuse. Nous nous sommes arrêtés sous un immense arbre avec des racines enchevêtrées sur des mètres à la ronde, et nous avons pu obtenir certaines explications. Il s’agissait d’un arbre sacré, de la même famille que l’arbre de prière de bouddha que nous avons pu voir à Yangon. Si l’un des habitants fait du mal à l’arbre en lui coupant une branche ou en lui grimpant dessus, un malheur ou une maladie va s’abattre sur cette personne. Pour se faire pardonner, il faut faire tout un lit d’offrandes et tout un discours pour espérer que les excuses soient acceptées ! S’ils n’ont rien fait mais sont tout de même malades, les birmans vont mettre un bout de bois pour soutenir l’une des branches de l’arbre ou ils vont construire des ponts pour chasser le « mauvais sort », c’est pourquoi nous avons vu des dizaines de petits ponts improvisés tout au long de notre périple !

 

 

Durant ce deuxième jour, nous avons vu encore plus de cultures, de rizières et de champs où chacun avait une tâche bien définie. Nous sommes également entrés dans plusieurs villages, dont un premier arrêt où nous avons essayé de nouer des liens avec des enfants qui étaient en train de dessiner, sous le regard de leurs parents qui mangeaient un morceau. Malgré la barrière de la langue, ils étaient vraiment adorables et nous avons pu tenter un langage par les gestes loin d’être efficace mais c’est l’intention qui compte ! Nous avons ensuite rencontré la tribu des Palaung vêti(e)s de grandes « robes » noires avec des écharpes enroulées sur le haut de leurs têtes. Nous avons fait une pause thé avec deux gentilles mamies qui étaient en train de tisser, le guide nous expliquant que c’est une activité qu’elles font lorsqu’elles n’ont plus la force de travailler dans les champs. Pour la tenue traditionnelle, nous avons appris qu’elle était issue d’une vieille légende populaire. Le début de l’histoire reste un peu floue, mais d’après ce que j’ai compris, il s’agit d’une dragonne qui vivait dans une grotte, puis un aventurier un jour était venu la chasser, la capturer, seulement à son arrivée, elle s’était transformé en humaine, par je ne sais quel enchantement. Du coup, forcément ils tombent amoureux et, une chose en entrainant une autre, elle tombe enceinte. Elle continue d’avoir un rythme de dragon, à dormir le jour et être éveillée la nuit, à l’inverse du chasseur qui va chercher des plantes et de la nourriture dans la foret dans la journée. Un jour, elle reste éveillée le jour pour pouvoir profiter un peu de son amoureux, mais quand il revient de sa cueillette, elle a repris sa forme de dragon ! Forcément, il part en courant totalement paniqué. Elle, espère qu’il revienne en sanglot tout en mettant au monde 2 œufs ; un blanc et un noir. De l’œuf noir, la tribu des Palaung seraient née (et l’œuf blanc une autre tribu birmane dont je ne me rappelle plus le nom). Pour ces raisons, ils portent de grandes « robes » noires et ont cette écharpe autour de la tête pour symboliser une tête de dragon.

 

 

Après ces rencontres, nous sommes allés déjeuner, toujours accueillis par une famille et nous avons, une fois de plus, partagé un bon repas typique tous ensemble ! L’après midi, nous avons choisi le chemin le plus long pour pouvoir longer la rivière et croiser encore d’autres populations ! Chose faite, nous avons vu des buffles tirer le « système d’arrosage », un enfant qui lavait ses animaux dans la rivière, des femmes qui portaient de lourds sachets sur la tête et d’autres qui tenaient tout un bidon d’eau à la simple force de leurs fronts, des locaux qui domptaient les buffles ou les charrettes tirées par leurs vaches (qui sont un peu bossues comme des chameaux, probablement à force d’avoir cette barre au niveau du cou). Une fois encore, c’était une journée très enrichissante et sportive, toujours accompagnée de magnifiques paysages, avec une mention spéciale sur le coucher de soleil que l’on a pu observer depuis le haut de la montagne que l’on souhaitait atteindre à temps !

 

 

En rentrant dans le village, nous avons pu observer des jeunes en train de jouer au volley pratiquement à côté d’une pagode, comme quoi les temples en Birmanie sont vraiment des lieux de vie où tout gravite autour, de manière assez naturelle. Nous avons également vu de nombreux feux, dont des gros départs avec de grandes flammes qui jaillissaient au delà des arbres. Après confirmation, il s’agit bien de feux démarrés par les habitants eux mêmes pour « désherber ». En gros, c’est pour enlever les petits buissons et les plantes d’une parcelle pour avoir une terre « neuve » à labourer pour commencer la nouvelle plantation (pourquoi pas). Nous avons ensuite rejoint notre « maison d’hôte » pour la nuit et nous avons encore passé un petit cap sur le confort rudimentaire. Disons que c’était le même système que la première avec un petit supplément nudisme. Pas de toit, et des murs qui devaient arrivés à hauteur d’épaules voire en dessous, et tout ça bien sur, avec un vis à vis optimal de tout le village. Un peu de mal à comprendre qu’ils refusent que les femmes soient en mini shorts (j’avais demandé au guide pour m’assurer que je n’allais pas leur faire offense en portant celui que j’avais amené), par contre, me mettre à poil devant tout le village comme dans une pub Tahiti douche, ça, ça ne pose pas de problèmes? C’est un paradoxe qui m’a laissé clairement perplexe, d’autant que les locaux ne se douchent pas la nuit (tu m’étonnes, il fait -15°c!) et sont, par conséquent, forcément exposés. Ma théorie c’est qu’ils doivent se doucher habillés ou ne pas se doucher du tout, car ça me semble bizarre qu’ils soient très pudiques et acceptent pour autant ce principe. Nous sommes donc allés nous doucher dans l’une des douches, pendant qu’Amélie était dans celle d’à côté, cette proximité nous a permis de justement nous questionner sur ce que l’on pouvait enlever ou non.  Bref, après ce petit épisode d’hygiène, nous avons encore une fois, eu le droit à un repas de roi avec une table bien trop petite pour tous les plats qui ont été amenés et nous sommes allés nous coucher. 27 km parcourus (record battu!)

 

 

 

Prochaine destination : Lac Inle, des idées?

 

 

 

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